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A Bukavu, Pascaline Kalumuna incarne une nouvelle génération de femmes déterminées à s’imposer dans des métiers traditionnellement réservés aux hommes. Née en 2005, elle a suivi un parcours scolaire classique jusqu’à l’obtention de son diplôme d’État en 2023 au complexe scolaire « La Franchise ».

Passionnée par les travaux manuels depuis son plus jeune âge, Pascaline n’a pourtant pas eu l’opportunité d’intégrer une filière technique durant ses études. Loin de renoncer à son rêve, elle décide de se former en mécanique, notamment en conduite d’engins roulants et en réparation d’appareils électroménagers.

Après six mois d’apprentissage intensif, durant lesquels elle s’est distinguée par son engagement et son sens pratique, elle obtient son brevet au centre de formation de l’Institut Technique Fundi Maendeleo (ITFM) de Bukavu. Une étape déterminante qui marque le début de son immersion professionnelle.

Déterminée à perfectionner ses compétences, la jeune mécanicienne poursuit sa formation dans plusieurs garages de la ville. Trois ans plus tard, elle s’impose progressivement comme une référence dans la révision des moteurs, en particulier pour les motos et les tricycles.

Elle se souvient d’un moment décisif qui a renforcé sa confiance : « J’ai découvert mes capacités avancées en révision moteur le jour où mon chef m’a laissée à Nyangezi avec une moto en panne. J’étais avec un collègue qui ne s’y connaissait pas. J’ai dû me débrouiller seule pour réparer et revenir à Bukavu. Ce défi m’a prouvé que je pouvais faire autant, sinon mieux, que certains hommes », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, Pascaline Kalumuna affirme tirer une réelle autonomie financière de ce métier, qui lui a également permis de gagner en estime au sein de sa communauté.

Évoluant au sein de l’entreprise Drio Innovation, elle s’engage aussi dans l’encadrement des femmes et des jeunes filles désireuses de s’orienter vers la mécanique. Convaincue que les barrières sont avant tout sociales, elle dénonce les préjugés qui freinent encore de nombreuses femmes.

« La femme doit briser les stéréotypes et travailler pour son respect et son autonomie. Elle a les mêmes droits et les mêmes capacités que l’homme. Rien ne devrait la limiter », insiste-t-elle.

A travers son parcours, Pascaline lance un appel fort : celui d’oser, de dépasser la honte et de croire en ses compétences. Pour elle, l’émancipation passe par le travail, la persévérance et la confiance en soi.

Un message d’espoir et de courage pour toutes celles qui aspirent à transformer leur passion en métier et à construire leur indépendance.

Gisèle Bashwira

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